Martin VERSTAPPEN, Paysage animé, huile sur toile, premier quart du XIXe siècle


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Martin Verstappen of Antwerp was one of the best and most esteemed artists of that day. […] He had the qualities as well as the faults of the Flemish school — colour, execution, and deficiency in drawing. But his love for the true, which he sought not in that which is ugly but in the beautiful, was so real, he took such pains to study nature, in spite of trouble, danger, and fatigue, that he succeeded in producing pictures that had the great merit of being pleasing and attractive.”

Massimo d’Azeglio, Recollections of Massimo d’Azeglio, dans la traduction du Compte Mafei, Londres, 1868

Présentation de l’œuvre

Cette complète redécouverte d’une œuvre de Martin Verstappen (Anvers 1773 – Rome 1852) permet un intéressant regard sur la peinture de paysage au début du XIXe siècle. Car n’en doutons pas, si Verstappen vécut et travailla presque sa vie durant à Rome, il est un peintre dont l’accent flamand n’a jamais véritablement été effacé par l’inspiration italienne. Le caractère même de notre tableau tient justement dans ces influences picturales diverses.

La forme et le propos de l’œuvre sont tout à fait dans leur époque. La création, en 1817, d’une section spéciale du Prix de Rome traitant la peinture de paysages historiques est une consécration et une confirmation du goût du temps pour ce genre. La recherche d’une pureté de la représentation mêle un besoin de vérité naturelle à une idéalisation d’un monde arcadien. Les peintres de cette génération, entre deux siècles, font renaître les anciens et vénérables Poussin et Claude le Lorrain, tout en donnant leur propre force d’âme à une nature profonde et vaste. On pense alors à Valenciennes, à Bidauld, à Bertin, à Michallon, à Turpin de Crissé, car l’école française excelle à peindre cette nature néoclassique.

Cependant, il faut reconnaître que Martin Verstappen garde une manière personnelle qui rappelle sa formation anversoise auprès de Petrus van Regemorter. Sa palette et la lumière qu’il en tire évoquent son contemporain Balthasar Ommeganck, anversois lui aussi. Le second plan est encore d’une autre inspiration. Car d’évidence les montagnes et falaises ne sont ni flamandes, ni italiennes, ni même arcadiennes. Le peintre a placé ici le décor des monts de Saxe, de roches découpées, des orgues basaltiques érigés, des falaises boisées d’arbres sombres. Verstappen à un style proche de l’allemand Johann Christian Reinhardt, et surtout la manière simple et élégante de Johann Christian Klengel qui fut son maître à Dresde.

Notre œuvre, peinte à Rome, alors que Verstappen ne quittera plus l’Italie, est donc une synthèse très originale de plusieurs influences picturales. A la croisée des styles du Nord, alémaniques et français, et à celle des réminiscences classiques et d’un romantisme délicat, cette très belle œuvre porte un charme très personnel. La composition entre deux mondes symboliques maintient cette même atmosphère. Dans l’ombre, les paysans sortant du moulin s’éloignent de la lumière joyeuse du rivage latin où quelques femmes italiennes devisent au son du luth. Leur présence est dominée par l’ermitage accroché aux falaises d’une montagne saxonne paisible et spirituelle. Lumière du Sud et paysage du Nord sont alors la transposition picturale du sacré et du profane.

Technique : huile sur toile et châssis d’époque, présence du cachet des douanes impériales au revers de la toile, signé en bas sur le rocher « M[artin]. Verstappen f[ecit]. Rom[ae] »

Dimensions : 70 X 51 cm.