Paul-Alex DESCHMACKER, Le Pâtre, grande huile sur toile, 1951

Prix de vente : 9500,00 €
Disponible aussi : en location

Comment acheter en ligne ?

Une question avant d’acquérir cette oeuvre ? Contactez-nous !


Présentation de l’œuvre

Traitant d’un thème classique, cette grande toile pourrait être le terme de plusieurs siècles d’un art pleinement figuratif, héritier d’une très ancienne tradition. Car la figure du pâtre et le décor antique seraient, en 1951, des choses rebattues, anachroniques quand bien des courant ont métamorphosé la peinture dans la première moitié du XXe siècle. Il faut pourtant suivre l’avis de Didier Schulmann1 préfaçant le catalogue d’une exposition rétrospective : « Paul-Alex Deschmacker a été marqué plus par ses choix esthétiques que par le foisonnement des mouvements artistiques qui jalonnèrent ce XXe siècle […] il fut fidèle à l’esprit Art Déco […] : souci des formes simples, amples […], intention décorative, lisibilité, accessibilité, couleurs ». Ainsi ne refusons pas le plaisir de regarder pleinement une composition magnifique, fruit d’un goût sûr pour une Arcadie rêvée, encore évocatrice pour le spectateur d’après guerre.

La construction de la scène est harmonieusement organisée autour d’un mouvement circulaire. La colonne est l’axe par lequel un subtil geste place les personnages. La stature musculeuse du pâtre, au teint sombre et minoen, contraste avec la blancheur de la nymphe alanguie. Un cheval se place dans le mouvement du regard, donnant la profondeur de la scène. Celle-ci est renforcée par un habile traitement des matières détaillées des tendons des jambes de l’animal au premier plan. Le second est simplement esquissé et s’équilibre, à droite, dans la figure fantomatique d’une porteuse d’eau dont la silhouette se découpe dans les branchages des oliviers. La beauté plastique de l’œuvre est renforcée par le choix d’une palette tout à fait lumineuse et une matière qui évoque l’art de la fresque.

Présenté au Salon d’Automne de 1951 (lire à ce sujet cet article), cet important tableau est l’une des dernières grandes compositions de Paul-Alex Deschmacker, d’un parfait équilibre entre un héritage académique et une spontanéité très moderne. En ce sens, notre tableau est à rapprocher par son thème, son style et son format, des deux grandes compositions mythologiques du Musée de Roubaix2.

Technique : huile sur toile, présentée encadrée dans son cadre d’origine. Signée en bas à gauche « Paul-Alex Deschmacker ». Étiquette du Salon d’Automne de 1951 au dos du cadre.

Dimensions : 180 X 131 cm.

Biographie de Paul-Alex Deschmacker

Paul-Alexis Deschmacker en 1889 à Roubaix, il se forme aux Beaux-Arts de Lille puis enseigne en 1914 à l’École des arts et industries de Roubaix.Deschmacker travaille ensuite sous la direction de Fernand Cormon à l’École des Beaux-Arts de Paris. Participant au Salon d’Automne et au Salon des Tuileries, il acquière une solide réputation de peintre, notamment de portraitiste, durant l’entre-deux-guerres. Fidèle aux thèmes antiques teintés parfois de symbolisme et du style des écoles du Nord, Deschmacker a gardé jusqu’à la fin de sa carrière une façon très personnelle de prolonger le classicisme pictural français. On cite parfois l’influence d’Odilon Redon sur son œuvre. Après guerre, Deschmacker a enseigné aux Arts appliqués de Paris et à la Grande Chaumière tout en exposant régulièrement lors des salons.

Ses œuvres sont conservées au Musée de la Piscine de Roubaix, au Louvre, au Musée Cantini de Marseille et au Musée d’Art Moderne et Contemporain de Strasbourg.

1 Didier Schulmann, Paul-Alex Deschmacker – Exposition du 3 mai au 8 juin 1986, Musée de Roubaix, 1986.

2 La Grande sirène bleue, huile sur toile de 1945, Andromède, huile sur toile de 1932.