Samir RAFI’, Maternité ou Isis allaitant Horus, technique mixte, 1957

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Présentation de l’oeuvre

L’oeuvre proposée ici est résolument cubiste et évoque particulièrement les dessins de Le Corbusier (voir ci-dessous les liens entre cet artiste et Samir Rafi’). La figure maternelle, portant un enfant contre son sein, se dresse au milieu de la feuille comme une stèle statuaire, délimitée au bas par un trait d’encre horizontal, et parachevée au sommet par la forme arrondie d’une coiffe dont on ne peut ignorer la ressemblance avec celles de l’Egypte antique. Le regard même, le nez, sont simplifiés à la manière des visages coptes, le placement rythmé des membres évoquent aussi l’Art pharaonique. On reconnait ici la figure classique d’Isis allaitant Horus (voir illustration ci-dessous), preuve encore que Rafi’ tire ce sujet de la tradition millénaire de son pays de naissance. Le tour résolument moderne réside dans le dessin des mains et dans le nimbe « abstrait » fait d’un « jus » de peinture à l’huile, traité dans deux tons d’un brun désertique et d’un vert d’eau qui rappelle le bronze oxydé. Le manche du pinceau de Rafi’ a appliqué de subtiles vibrations à cette aura divine.  On retrouve cette façon de procéder dans des oeuvres de jeunesse de Rafi’ et le thème présenté ici est particulièrement rare et original quand on sait que l’artiste a toujours privilégié des thèmes contemporains de sa vie.

Isis et Horus enfant - bronze et argent, VIIème siècle avant notre ère. Walters Art Museum.

Isis et Horus enfant – bronze et argent, VIIème siècle avant notre ère. Walters Art Museum.

L’oeuvre est signée et datée « S.RAFI 57 » à la base de la figure féminine.

Technique : mixte, huile et encre sur papier.

Dimensions : 30 cm X 20 cm

Biographie de Samir Rafi’

Samir Rafi’ (1926 – 2003) est un artiste rare dont la renommée dépasse les frontières de la France, où il passa la majeure partie de sa vie. Né au Caire, il se forma à l’Ecole des Beaux-Arts de cette ville (dont il dirigera plus tard le département des Arts Décoratifs) et reçoit son diplôme en 1948. Il fut exposé bien plus tôt, en 1943, sous l’impulsion de son maître Hussein Youssef Amin éminent représentant de l’Art Moderne égyptien et fondateur du groupe d’Art Contemporain national. Lors de cette exposition, l’une des toiles de Rafi’ est remarquée et sélectionnée pour entrer dans les collections du Ministère de l’Education.

Samir Rafi’  rejoint le groupe Art et Liberté fondé par Georges Henein et Ramsès Younane qui s’engage dans le mouvement surréaliste. Rafi’ complète sa réputation de peintre par des travaux décoratifs et d’artisanat d’art. Il s’affirme également comme penseur (il sera reçu Docteur en philosophie à la Sorbonne), théoricien de l’Art et écrivain, journaliste d’Art. Dans un article brillant paru en 1953, il explique l’influence de la révolution égyptienne de 52 sur son œuvre. Rafi’ fut l’élève de l’influent André Lhote en France dans les années 50. A la même époque il est acclamé par la critique, notamment par Aimé Azar professeur d’esthétique à l’Université de Ain Shams.

L’Art de Rafi’ est considéré comme majeur dans l’histoire de l’Art égyptien et du monde arabe. Sa peinture est toujours métaphysique et empreinte de mélancolie. Curieusement, pendant les 50 années qu’il passa à Paris de manière ininterrompue, Rafi’ évita le monde et vécu retiré dans son Art et ses pensées. Il fut l’ami de DaliLe CorbusierDubuffetOzenfant, de Picasso et de Giacometti qui disaient respectivement de Rafi’ : « Il y’a tout le génie égyptien dans cet artiste talentueux » (lettre de Picasso à Severini), « Rafi’ est d’une dynastie de pharaons, il fait de son œuvre la force et la résistance qui défient le temps et sa destruction »

Sources :